Patrimoine

Histoire de Poligny

 

L’histoire de Poligny remonte à l’époque romaine. En font foi, deux superbes mosaïques dites "les Chambrettes du roi", trouvées en bordure de la nationale 5, tout près de la ville au XVIIIe siècle. Ces mosaïques aujourd’hui disparues, se trouvaient très probablement dans une grande ville gallo-romaine.

Mais on suppose également, qu’il y avait des habitants à Poligny bien avant la conquête romaine, puisque cette région faisait partie de la Séquanie à l’époque celtique. Cette présence d’habitants sur le territoire de Poligny est attestée par des objets en bronze trouvés dans la grotte de Roncevaux et dans le tumulus de la forêt des Moidons. Il reste aussi d’autres vestiges, notamment un rocher, monument druidique appelé aussi "Pierre qui Vire". 

 

Selon la légende, autrefois, un géant un peu coquin poursuivait une bergère et au moment où il allait la rattraper, les "Dieux" sont intervenus et l’ont changé en pierre. Depuis cette aventure, ce géant a le droit de se mouvoir sur lui-même une fois tous les cent ans, d’où l’appellation "Pierre qui Vire".

Quoiqu’il en soit, le nom de Poligny (Polemniacum) apparaît pour la première fois en 870, dans le Traité de Meerssen, qui partage la Lotharingie (à laquelle Poligny appartenait depuis 843) entre Louis le Germanique et Charles le Chauve. Poligny, comme toute la région, est attribuée à Louis le Germanique. Après avoir appartenu quelques années au Roi de France Charles V, Poligny passe sous la domination des Comtes de Bourgogne, puis de la Maison d’Autriche, de celle d’Espagne pour appartenir après bien des guerres sanglantes au royaume de France définitivement en 1674, après le Traité de Nimègue.

Aujourd’hui, Poligny compte un peu plus de 5000 habitants. Capitale du Comté, c’est aussi une ville où les étudiants sont nombreux.


Château de Grimont

 

 

 

A l’origine, à l’emplacement du château de Grimont se trouvait un temple dédié à Apollon Gryneus qui se dressait sur le piton rocheux. Le nom même de Grimont viendrait ainsi, par contraction de l’appellation latine "Grynei Mons" ou "Mont de Gryneus".

Louis XI ayant résolu de faire de la ville de Poligny la principale place forte et le centre de son administration sur le pays, fit exécuter en 1481 des travaux considérables pour fortifier la ville et le château.

 

 

Constituant naturellement un bastion, Grimont était considéré comme si sûr, que les ducs eux-mêmes y mirent à l’abri leurs chartes, leurs bannières, leurs bijoux et leurs sceaux dans des "arches" déposées au coeur du donjon et confiées à la garde d’un "trésorier des chartes".

C’est dans le château que l’on enfermait également certains prisonniers comme ce Jean de Granson, seigneur de Pesmes qui, révolté en 1455 contre Philippe le Bon est accusé de complot. Il fut donc conduit au château de Grimont, jugé sommairement puis étouffé entre des couettes de plumes dans un cul-de-basse-fosse de la forteresse.
Bien que la ville de Poligny, à cette époque soit reconnue comme l’un des sites prépondérants de la province, on transféra à Dole en 1561, à la suite d’un incendie du château, les précieux documents et objets qui s’y trouvaient, mis en dépôt derrière la barrière de ses murs.

Louis XIII envahit la province en 1637, puis de nouveau en 1638, avec le duc de Longueville qui guerroya, sur le plateau de Chamole (c’est à dire à quelques mètres seulement de Grimont). Attaquée à plusieurs reprises en juin 1638, puis durant l’été qui suivit, la forteresse de Grimont passa alternativement aux mains des deux parties. On mina ses fondations et on l’isola par un siège. Le 30 juin, après échange d’otages et discussions intéressées et sordides, 350 hommes sortirent de son enceinte "tambour battant" et "balle en bouche".

Suivant l’accord passé en 1643 entre les Etats de Franche-Comté et la France, moyennant versement de 5000 pistoles, les habitants de Poligny, contribuèrent alors au démantèlement du château de Grimont.

 

La végétation s’élance dès lors à l’assaut des vestiges de Grimont, ronces, lierres, épines, partent à la conquête des quelques murs encore debout et des tours de défenses (Tour de la Sergenterie et Tour de Paradis).

D’après plusieurs documents, on peut imaginer que le château était divisé en trois parties : la basse cour, la maison forte et la partie haute. Après avoir franchi le pont-levis, on pénétrait dans la basse cour (regroupant autour d’un puits central, des écuries, greniers, abris, bâtiments,...) constituant un refuge pour les habitants en cas de péril grave.

Une herse défendait une porte ménagée dans un mur de séparation qui donnait accès à la maison forte, composée de plusieurs corps de logis et d’une chapelle.
Une troisième enceinte livrait enfin passage à la partie haute où se détachait le donjon, grosse tour ronde dressée au nord de la cour, flanquée d’une tour basse, servant de logis au châtelain et d’une tour carrée sous laquelle les provisions étaient gardées.

L’approvisionnement en eau était assuré par des puits, des citernes, mais également par une canalisation en bois dans laquelle s’écoulait, par gravité, de l’eau de Chamole.
L’ensemble ainsi formé couvrait une surface de trois hectares environ, entourée d’un rempart de 800 mètres, qui si on lui ajoute les deux "bras" de muraille descendant vers Poligny, atteignait une longueur totale de près de 1 800 mètres.
La roche, percée en 1856 pour le passage de la nouvelle route de Chamole, servait de point d’appui aux défenses d’un côté de Vaux-sur-Poligny.


LES POLINOIS CELEBRES

 

Eustache François Désiré CHEVASSU (1810-1869) 

 

Eustache François Désiré Chevassu est né le 15 juillet 1810 à Poligny. Il était le fils de Claude François Désiré Chevassu, notaire à Poligny de 1808 à 1836, et d’Augustine Chevillard.

Désiré Chevassu succéda à son père comme notaire et le demeura jusqu’en 1843. Il fut ensuite simple propriétaire à Poligny. Il dirigea le bureau de bienfaisance polinois.
Après avoir été conseiller d’arrondissement de Poligny, il fut élu conseiller général du canton et conservera ce poste jusqu’à son décès. Assez dévoué, lors de la disette de 1847, il se rendit à Lyon pour acheter des farines pour la population pauvre et il s’occupa soigneusement de leur distribution.
En avril 1848, il fut candidat à la députation. Il se présenta comme républicain, sur la liste conservatrice de l’Union républicaine. Il fut élu facilement, étant le troisième sur les huit députés du Jura. Il n’accomplit qu’un mandat parlementaire. Candidat officiel à la députation à l’élection de mai 1869, il mourut pendant la semaine précédant le scrutin.
Il fut aussi Maire de Poligny, nommé le 21 mars 1848, en remplacement de Pierre François Romand, chef d’escadron en retraite. Il le demeura jusqu’à son décès. Il était encore président de la fabrique de Poligny-Fortuné. Il était chevalier de la Légion d’Honneur. Eustache François Désiré Chevassu mourut le 18 mai 1869 à Poligny.


Jean CHOUSAT

 

Jean Chousat est un bourgeois polinois, natif de Poligny. Il est conseiller et maître des comptes auprès des ducs de Bourgogne et ambassadeur à la cour des rois de France.

Il fonde et finance pour moitié la Collégiale Saint-Hippolyte de Poligny, qu’il fait décorer par des sculpteurs de renom, provenant notamment de l’école bourguignonne. Jean Chousat contribue également à l’implantation de couvents.


Jacques COITIER

 

Jacques Coitier, l’un des plus illustres personnages issu de Poligny, était l’oncle de Pierre Versay, évêque d’Amiens, mais surtout le médecin de Louis XI.

A l’époque, les médecins de rois n’étaient pas seulement les guérisseurs du corps, mais aussi ceux de l’âme, bien souvent les meilleurs confidents des souverains. C’était le cas de Jacques Coitier et celui-ci avait pris une telle influence à la Cour que le roi décida de s’en débarrasser. Il fit donc venir ses Sbires et leur ordonna de faire disparaître discrètement le gêneur. Ceux-ci eurent peur du médecin connut pour ses colères et lui rapportèrent l’histoire. Alors Jacques Coitier, sans rien lui dire de ce qu’il soupçonnait allât trouver le roi et lui fit comprendre que le souverain et lui même étaient si étroitement liés que lorsqu’il décéderait, le roi le suivrait dans sa tombe quelques jours après. A ces mots, Louis XI crut à un sortilège et lui laissa la vie sauve.


Georges Charles Maurice CURASSON (1889-1970)

 

Georges Charles Maurice Curasson est né le 8 novembre 1889 à Poligny. Il était le fils de Charles Nicolas Curasson, cultivateur polinois, et de Zélie Marie Eulalie Jonas.

Elève du collège de sa ville natale, boursier, il obtint son baccalauréat scientifique en 1907. Il fit ensuite des études vétérinaires à l’école d’Alfort et obtint le doctorat vétérinaire. En 1912, il fut attaché au laboratoire de recherches sur les maladies infectieuses de cette même école. L’année suivante, il fut aide vétérinaire de deuxième classe dans le corps expéditionnaire du Maroc. Il fut ensuite vétérinaire à Héricourt (Haute-Saône). Mobilisé dès le début de la Grande Guerre en 1914, il appartint successivement au 18e dragons, puis au 14e chasseurs. Il prit part aux batailles de la Marne et de l’Aisne.
Il partit ensuite comme vétérinaire biologiste en Afrique Occidentale Française en 1917, pour y combattre une invasion de peste bovine. Ainsi commença sa longue carrière africaine. Il se consacra à la pathologie exotique des animaux et aux grandes infections animales. En matière de peste bovine, il mit au point, avec Delpy, un vaccin qui donna de remarquables résultats.
En créant un véritable service de protection du bétail, qui permit le développement de ce dernier, il multiplia les postes vétérinaires dans la brousse, les équipes mobiles, les stations de traitement et les centres de vaccination. Il créa un grand laboratoire central et de recherches, que ses successeurs appelèrent le Laboratoire Georges Curasson.
Il publia également de nombreux travaux scientifiques. On lui doit surtout un ouvrage de haute valeur, Traité exotique vétérinaire (Vigot Frères, Paris) en trois volumes. Après sa retraite, il revint à Poligny et fut Maire de Poligny de 1947 à 1965.
Ce brillant biologiste fut membre correspondant de l’Académie des Sciences, membre associé de l’Académie vétérinaire de France, membre de l’Académie des sciences coloniales et membre de l’Académie d’Agriculture. Il était également officier de la Légion d’Honneur.

Il épousa le 26 juillet 1921 à Paris, Marie Antoinette Gault et mourut le 23 octobre 1970 à Poligny


Hyacinthe FRIANT (1865-1934)

 

Friant Hyacinthe est né le 14 juillet 1865 à Mazières-lès-Vic en Moselle. C’est une grande figure de la fromagerie comtoise. Il suivit sa famille en France en 1872 et fit ses études à l’école d’agriculture de Tombaine (Meurthe-et-Moselle), puis entra, en 1882 à Grignon dont il sortit second en 1883. Il entre dés lors, à l’Institut national agronomique.
Il effectue ensuite des missions au Danemark et en Suisse. En 1890, il devient professeur à l’école de laiterie de Mamirolle, dans le Doubs. En 1893, il est nommé directeur de l’école de laiterie de Poligny. Il le restera jusqu’en 1934, et fondera de ses deniers la première fruitière d’emmental du Jura, à Gillois.
Grand technicien de la fromagerie, il rédigera de nombreux rapports pour le Conseil Général, et publiera un manuel Le Gruyère, en 1899. Sur le plan local, il est conseiller municipal de Poligny, en 1896, et adjoint au Maire.
Après la guerre de 1914, il devient longuement Maire de Poligny. Il est également délégué cantonal, membre du bureau d’administration du collège Jules Grévy de Poligny. Il est encore membre du Conseil Départemental des bâtiments civils. Le lycée actuel de Poligny porte son nom.
Il est aussi conseiller général du canton de Poligny de 1919 à son décès et officier du mérite agricole et de l’Instruction Publique.

Friant Hyacinthe meurt en 1934.


Just-Charles-Wladimir GAGNEUR (1807-1889)

 

Homme politique et publiciste français, Just-Charles-Wladimir Gagneur est né à Poligny en 1807. Son parcours (et celui de sa femme), fut particulièrement éloquent. Disciple de Fourier, il étudia aux Oratiens avec Jules Grévy et resta proche de Victor Considérant.
Diplômé en droit et en économie-politique, il se fit remarquer par ses idées avancées, puis fut banni pour avoir pris une part prépondérante à l’organisation de la résistance au coup d’Etat dans le Jura en 1851. Il se réfugia en Belgique et plus tard, une fois rentré en France, fut élu en 1869, député du département du Jura, qu’il représentera sans interruption jusqu’à sa mort.
Wladimir Gagneur fut également journaliste et ses différentes oeuvres exposent les principes des coopératives agricoles. En effet, il était membre fondateur du comice agricole d’Arbois en 1840. On lui doit notamment : Les fruitières (1839), Le crédit a bon marché (1849), Guerre à l’usure (1849) et Socialisme pratique (1850).

Wladimir Gagneur meurt en 1889, à Paris.


Jean-Pierre TRAVOT (1767-1836)

 

Général français, né à Poligny en 1767, il fut l’un des héros de la pacification de la Vendée. Il partit en 1792 comme chef d’un bataillon de volontaires du Jura, servit sous Hoche, en Vendée et fit Charette prisonnier en 1796. Général de brigade, il continua à servir dans l’Ouest, secondant efficacement l’oeuvre de pacification de Hoche. Général de division en 1805, il fut employé à l’armé de Portugal, puis placé à la tête de la 13e puis de la 10e division militaire à Rennes.
En 1815, Napoléon le nomma pair de France et le chargea avec Lamarque de réprimer les mouvements royalistes de la Vendée. Aussi, après la deuxième Restauration, il fut traduit devant un conseil de guerre et condamné à mort en 1816. L’opinion se souleva et sa peine fut commuée en vingt ans de détention, mais sa raison s’était altérée. Emprisonné cependant à Ham, il fut libéré en 1820 et mourut en 1836.


Alfred GIRARD

 

 

Alfred Girard est inconnu de la grande majorité des Polinois. Et pourtant, il bénéficie d’une renommée très importante en Italie. A tel point que la commune de Sambucca Pistoiese a inauguré en juillet dernier une place à son nom, et en présence du premier magistrat de la commune de Poligny, Dominique Bonnet.

Alfred Girard est né à Poligny en 1827. Jeune ingénieur des Mines à Lyon, il est envoyé en Toscane comme architecte de la construction ferroviaire pour la ligne Bologne – Pistoya – Florence, ligne au parcours relativement accidenté. Le projet est pharaonique : trente tunnels (pour une longueur de plus de vingt kilomètres) et un nombre de ponts assez impressionnant. Nous sommes alors dans les années 1850. Le projet devant être suivi durant de très nombreuses années, Alfred Girard s’établit à Sambucca Pistoièse où il épouse, en 1862, Maria Stella Catani. Ensemble, ils ont onze enfants dont seulement quatre vont survivre.

 

 


Pour mener à bien les travaux, Alfred Girard se fait même inventeur. En effet, il crée une machine permettant aux ouvriers chargés du percement des tunnels de beaucoup moins se fatiguer et d’avoir un rythme bien plus régulier. Cette machine de perforage mécanique des galeries a ainsi considérablement favorisé la construction de cette ligne ferroviaire qui, aujourd’hui encore désenclave une population qui vit dans cette région difficile d’accès.

En 2008, aucun membre de la famille Girard ne vit en France, mais tous résident en Italie. Toutefois, ils avouent que le nom de Poligny a toujours circulé au sein de la famille et garde encore une place importante dans leur cœur. Plusieurs descendants d’Alfred Girard étaient présents à la cérémonie de baptême de la place de Sambucca Pistoiese, dont un petit-fils d’Alfred âgé aujourd’hui de 75 ans.

Sambucca Pistoiese ne s’est pas contenté de nommer une place du village au nom de l’illustre architecte. La commune a également édité un livre écrit par Alberto Bigagli et racontant la vie et l’œuvre d’Alfred Girard. Poligny a une place importante au début de l’ouvrage.

Alfred Girard, inconnu à Poligny, mais très célèbre en Italie, aura peut-être un jour aussi une rue ou une place à son nom dans la capitale du Comté.


LES MONUMENTS POLINOIS

 

Les Tours

 

 

C’est depuis la Place des Déportés, par-dessus les toits, que l’on peut apercevoir la Tour de Paradis, du nom d’un bourgeois de Poligny. Cette tour constitue l’un des vestiges des anciens remparts qui enserraient la ville au XVIe siècle. Le rempart grimpait à flanc de colline jusqu’au Château de Grimont.

 

La tour de la Sergenterie est l’un des nombreux vestiges de défense des remparts du XVIe siècle. Restaurée depuis peu, elle donne un bon exemple de fortification médiévale : la partie en bois repose sur des mâchicoulis de pierre, et du haut de cette tour, le guetteur voyait arriver les assaillants et préparait alors l’huile bouillante qu’il versait par les mâchicoulis.

 

 

 

 


Les Statues

 

La statue du Vigneron est une belle sculpture de bronze dédiée à Wladimir Gagneur, célèbre militant et député fouriériste et se situe à Charcigny.

 

C’est un chef d’oeuvre réaliste signé Marguerite Syamour, fille de Gagneur, et fut inauguré en 1889. Les traits du visage, la musculature et l’habit sont sculptés avec une grande précision. L’attitude valorise aussi les valeurs progressistes du XIXe siècle : l’épanouissement par l’étude (le livre) et le travail (le bigot).

 

A travers Wladimir Gagneur, c’est un hommage rendu au dynamisme politique de Poligny. La Cité est acquise à l’idéal révolutionnaire puis au socialisme laïque et républicain après 1850.

 

 

 

 

 

Au centre de la Place des Déportés de Poligny, se trouve la statue du Général Travot, qui reste l’un des enfants chéris des polinois.
Ce n’est que récemment que cette statue à repris sa place sur son socle. En effet, l’original avait été enlevé pendant la seconde guerre mondiale, par les allemands, pour être fondue afin d’être transformée en armes. La place est restée endeuillée de son héros jusqu’à la commande d’une nouvelle statue, effectuée par un sculpteur régional, Bernard Jobin.

 


Les Fontaines

 

La ville de Poligny compte 29 fontaines. Les plus anciennes datent du XVIe siècle : la fontaine aux Morts de l’ancien cimetière et la fontaine aux poissons avec son bassin rond, prés du vieil hôpital.

La fontaine de la Sirène, datant du XVIIIe siècle, comporte un dauphin, et celle du cheval marin, un bassin ovale du XVIIIe également. Des serpents crachent l’eau de la grande fontaine, place des Déportés, des lions celle des fontaines de la Mairie. L’une des fontaines de Charcigny, avenue Wladimir Gagneur, porte le blason de la ville avec sa devise : "A dieu Playse Poligny".

 

 


Hôtels particuliers

 

Tout au long de la rue du Collège et également dans la Grande rue, on peut admirer de superbes hôtels particuliers, anciennes maisons de notables polinois, spacieux, bâtis avec cours intérieures pavées, escaliers extérieurs, portes sculptées et tourelles, témoins d’un temps où l’art se côtoyait au quotidien. Trois d’entre eux datent des XVe et XVIe siècles, antérieurs à l’incendie ravageur de 1673. Les plus nombreux datent du XVIIIe siècle et donnent l’image d’une ville prospère et moderne. Parmi les plus connus, on peut remarquer l’Hôtel de Lisa, l’Hôtel de Beaufremont et l’Hôtel d’Astorg.

 

 


Ancien Hôtel-Dieu, Apothicairerie

 

Cet hôpital construit à partir du XVIIe siècle, conserve encore un cloître, mais surtout une très belle pharmacie datant du XVIIIe siècle et classée Monument Historique. On peut y admirer une magnifique collection de faïences du XVIIIe siècle, provenant de Nevers, de l’est de la France, mais aussi de Poligny pour les plus belles. Les faïences comtoises ont un décor bleu, celles de Poligny sont ornées d’un décor floral : roses dites cent feuilles, oeillets, petites tulipes pourpres et marguerites, fabriquées jusqu’en 1844.

Sur un panneau à l’entrée, au-dessus des boiseries, une inscription : "Dieu seul" rappelle que l’hôpital était géré par des Religieuses de l’ordre de Sainte Marthe. Aux quatre angles de la pièce, on aperçoit des peintures qui représentent : la Médecine, la Botanique, le Jardinage et la Pharmacie.

Dans cette pièce, se trouvent également des étains, des cuivres et des bronzes, tels que la vaisselle des malades, les bassinoires et les mortiers avec pilons. On y voit également des flacons de verre, et une ancienne table de chevet de malade. On peut admirer aussi un ancien instrument de mesure qui date du XVIIIe siècle, dont l’unité de longueur correspond à la largeur du pouce. Sur une table au milieu de la pharmacie, sont posées quelques recettes des médications préparées, dont on peut tenter de déchiffrer.

 
Visites guidées :
Individuels : en juillet-août - Renseignements à l’Office de tourisme.
Groupes : Visites guidées toute l’année sur rendez-vous.


Monastère Sainte-Claire

 

Le Monastère Sainte-Claire a été construit pendant l’âge d’or artistique de la Bourgogne, le fameux XVe siècle. Il a été fondé plus exactement en 1415 par Sainte-Colette de Corbie, réformatrice de l’ordre Franciscain, dans un bâtiment cédé par Jean-sans-Peur. Le Monastère a été vendu comme bien National à la Révolution.

La chapelle primitive de l’édifice a été démolie en 1793, puis reconstruite en 1938. A l’entrée de celle-ci, au-dessus de son portail, se dresse une belle Pieta en marbre du XVIIIe siècle. Dans le choeur de la chapelle, se trouve une grande croix en bois peinte de couleurs vives, reproduction du Christ de Saint-Damien, oeuvre de style byzantin du XIIe siècle. On peut y voir également la châsse contenant le corps de Sainte-Colette, offert aux habitants de Poligny par Madame Louise de France, tante de Louis XV.

Le Monastère abrite encore aujourd’hui une communauté d’une vingtaine de Soeurs Clarisses.

 

 


 

Eglise des Jacobins

 

L’ancien couvent des Jacobins est un vaste bâtiment fondé en 1271 par Alix de Méranie, Comtesse de Bourgogne. Il abrita une congrégation des Frères Prêcheurs jusqu’à la Révolution, puis devint sous-préfecture pendant quelques années. De l’ancien couvent il ne subsiste presque rien : le cloître a été démantelé il y a une cinquantaine d’années, mais la grosse tour carrée dite "Tour de la Bibliothèque", surmontée du clocheton à horloge faisait déjà partie des remparts du XVe siècle.
C’est maintenant un lycée d’Etat, le lycée Hyacinthe Friant, réputé surtout pour son enseignement hôtelier. Il comprend effectivement un restaurant d’application situé sur la Place des déportés, où il est possible de déjeuner pendant l’année scolaire ; une partie administrative et des salles de cours classiques.

L’église des Jacobins date du XIIIe siècle, elle est aujourd’hui occupée par la Coopérative Viticole de Poligny. Elle est du style gothique le plus pur et compte trois nefs sans transept. On peut y admirer les nombreuses clefs de voûte ouvragées, un triforium récemment découvert et le retable monumental en marbre construit au XVIIIe siècle qui occupe le fond de l’abside.


Dans cette église, se trouvaient autrefois les monuments funéraires des plus illustres familles de Poligny. Il n’en subsistait que la statue de Thomas de Plaine, Chancelier et Empereur Maximilien.
L’église des Jacobins est considérée comme l’une des plus belles de France, elle possède une acoustique exceptionnelle. En effet, dans le choeur, sous le culot sculpté, a été pratiqué un trou. Ce trou s’ouvre sur un pot en terre cuite en forme de poire qui confère une sonorité incomparable.

Possibilité de visites (cave coopérative)
Une association a été créée en 2003 dans le but d’aboutir à la restauration de cet édifice unique en France.
L’association "Les Jacobins" a édité une revue sur l’église du même nom : "L’église et le Couvent des Jacobins", disponible auprès de Claude Châtrenet :
associationlesjacobins@tiscali.fr


Eglise de Mouthier-le-Vieillard

fait partie du Réseau des Sites Clunisiens

 

L'église de Mouthier-le-Vieillard a été construite au IXe siècle sur l’emplacement d’une ancienne chapelle dédiée à Saint-Martin. Elle possédait à l’origine trois nefs de 80 mètres de long et une multitude de chapelles, mais sa situation "hors murs" de la ville explique les destructions qu’elle a connu au cours de l’histoire.
Cette magnifique église romane a conservé sa toiture de lauzes et son clocher du XIIe siècle. C’est un édifice carré, surmonté d’une flèche octogonale ornée de vingt fenêtres et flanquée de clochetons, sur lesquels on peut voir une série de têtes animales et humaines sculptées. Sur chacune des faces de la tour, deux fenêtres géminées romanes s’ouvrent, décorées de colonnettes. Aujourd’hui, l’église est constituée de 3 chapelles qui présentent chacune un style différent.

A l’entrée, dans la première chapelle de style Roman, se trouve la tombe d’Antoine de Montmarin, femme de Jean de Poupet, Chevalier à la chambre de Charles Quint. Cette délicate sculpture, classée Monument Historique, nous frappe par l’art qu’a déployé l’artiste pour mettre en relief la maternité : l’enfant étreint le sein de sa mère de ses petits bras, tandis que sa mère l’entoure également de ses bras pour le protéger. On peut également admirer une statue de Saint-Antoine, en pierre. Le Saint tient dans sa main les règles de sa vie d’ermite, sous ses pieds, on aperçoit un porcelet et des flammes.

Dans la deuxième chapelle, dite "Chapelle de la Cannelle", on remarque une certaine rupture de

style, arcs et fenêtres sont en effet du style ogival. C’est ici que se trouve le retable en albâtre composé de trois parties : l’Annonciation, la Nativité et l’Adoration des mages. Au pied du retable se dressent trois tombes, dont l’une mérite une certaine attention : elle est connue sous le nom de "Tombe du Vigneron". Dans cette chapelle se trouve également un petit calvaire et la pièce la plus vulnérable de l’édifice : Notre Dame de Mouthier-le-Vieillard, statue polychromée du XIIIe siècle.

 

 

 

Sous le clocher, dans la troisième chapelle, on peut voir les photographies de la plupart des têtes sculptées qui se trouvent sur la flèche.
Les nombreux chefs d’oeuvre qui ornent Mouthier-le-Vieillard, font partie d’un vaste ensemble artistique du XVe siècle. Malheureusement, plusieurs d’entre-eux ne figurent plus dans le monument, car ils ont été vendus au Métropolitan Museum de New-York en 1920.

Visites guidées :
Individuels : en juillet-août
Renseignements à l’Office de tourisme.
Groupes : Visites guidées toute l’année sur rendez-vous.


Cour des Ursulines

 

 

Fondé au début du XVIIe siècle par un groupe de jeunes filles aisées de Poligny, l’ancien Couvent des Ursulines s’étendait sur plusieurs bâtiments, jardins et vergers, englobant tout le quartier. Bordés d’arcades sur trois façades, la cour et le cloître en étaient le centre. Le couvent a été supprimé à la Révolution et son église démolie au cours du XIXe siècle. Aujourd’hui, il en reste le cloître et l’une des façades, une Vierge Bourguignonne.

L’ancien couvent a été morcelé et appartient à plusieurs propriétaires qui l’ont transformé en logements. Certains de nos artistes polinois s’y sont installés en petits ateliers de peintures et sculptures, d’ailleurs visitables.

 

 

 


Collégiale Saint-Hippolyte

 

La Collégiale Saint-Hippolyte a été bâtie à partir de 1415 grâce à Jean Chousat, bourgeois de la ville de Poligny.

Le dôme a remplacé le clocher originel qui était surmonté d’une grande flèche sculptée, en tuf, qui dit-on doublait la hauteur de l’édifice actuel.
Saint-Hippolyte est l’un des plus beaux "vaisseaux" de la Franche-Comté. Il est vrai qu’avec ses lignes sobres, ses chapeaux sans ornements et ses voûtes surbaissées donnent une impression de force et de noblesse. Mais sa grande richesse, ce sont ses statues, pour la plupart du XVe siècle, de l’Ecole de Bourgogne. L’église est constituée de quatre chapelles différentes.

Dans la première, se trouve la statue de Jean Chevrot, évêque de Tournai, originaire de Poligny. On peut y admirer également une photo du Triptyque des 7 sacrements de Van der Weyden, datant du XVe siècle. Le vitrail ainsi que tous ceux de la Collégiale datent de la fin du XIXe, les vitraux originaux ayant été détruits par les français en 1638, lors du pillage de la ville.

 

La deuxième chapelle est dédiée à Saint-François-Xavier. On y voit la statue de Pierre Versay, évêque d’Amiens, natif de Poligny et surtout neveu de Jacques Coittier, l’un des plus illustres personnages de Poligny. En effet Jacques Coittier était le médecin de Louis XI. Le vitrail que l’on voit dans cette chapelle représente l’arrivée des reliques de Sainte Colette à Poligny.

Dans la troisième, une troisième statue, celle de Thomas de Plaine, polinois et Président au parlement de Bourgogne. Cette statue se trouvait à l’origine, à l’intérieur de l’église des Jacobins. Le vitrail lui, illustre la résurrection d’une religieuse par Sainte Colette.

La dernière chapelle au fond du collatéral est la chapelle du fondateur, Jean Chousat. Il y serait enterré au pied de l’Autel. On peut admirer un grand tableau de l’Assomption, peint par Jordans au XVIIe siècle, ainsi que la statue da la Vierge du Fondateur.
Dans la grande nef, à l’entrée du choeur vaste et profond, on y voit un grand Calvaire en bois polychromé du XVe siècle et placé en "poutre de Gloire".

 

 

 

Le Maître Autel en marbre provient de l’église des Jacobins alors que les stalles datent du XVIIe siècle. Dans la collatéral nord, la chapelle du fond expose un Retable de style Louis XVI. La Collégiale possède également deux Orgues Cavaillé Coll du XIXe siècle. Une fresque représentant Saint-Christophe a été découverte et restaurée récemment à côté du plus grand des deux orgues.

 

Mairie de Poligny

49 Grande Rue

39800 POLIGNY

Tél : 03 84 73 71 71

Accueil ouvert du Lundi au Vendredi

de 8 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h 30

 

 

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